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Traversée de la Corse par le GR20 (1999) |
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Un jour Eric est revenu de
vacances. Il venait d'avoir fait le GR20. Il m'a dit :
"Tu vois les Alpes ? Et ben, la Corse, c'est les
Alpes sur une île..." Je ne connaissais pas la Corse mais l'envie de la découvrir est venue tout naturellement. Lorsqu'il a proposé de le refaire entre copains, je n'ai pas hésité. Eric m'a donc embarqué avec 3 autres supers copains de mes années lycées : Ruhles, Zippes et Christophe. L'aventure allait commencer. D'abord l'entraînement, l'achat du matériel et le jour J pour le grand départ... Voici en images le récit de cette aventure unique avec l'unique regret de n'avoir pu emmener avec nous Mattes pour cause d'examens, mais on aura pensé fort à lui pendant nos longues périodes de souffrance... |
L'orthographe de certaines villes, refuges ou lieux en générale n'est pas du tout garantie. Une modification ultérieure sera apportée pour corriger ces fautes. Merci de votre compréhension.
Entraînement
La phase d'entraînement a débuté au mois de mai, ce qui était bien trop tard à nos yeux pour des étudiants qui ne marchaient jamais, à part pour aller en cours ou au bistrot du coin.
Au programme :
Voici quelques images du week end où nous avons pu tester les sacs à dos (et les limites de notre dos !), le matériel de camping, l'autonomie, les soucis quotidiens...
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| Départ un peu dans la confusion... Il va falloir améliorer ça ! | Autour du lac blanc dans les Vosges (un sentier aux couleurs GR20) |
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| Sur les sentiers vosgiens. Eh, Eric c'est pas un peu GR ça ?!? | Petit brin de toilette 100% naturel et 5° pour la température de l'eau ! |
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| Quand je disais qu'on testait les sacs et le dos (ici plus de 24kg sûr !) | Le sentier des roches dans la bonne humeur... |
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| Paysages des Vosges. C'est joli aussi finalement ! | Déjeuner sur les sommets vosgiens. |
LE GR20
Le récit consigné ci-dessous est retranscrit du carnet de bord tenu pendant les dix jours de marche.
Les commentaires ajoutés sont en italique.
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J'ai eu la chance d'avoir mes 4
copains qui ont bien voulu s'occuper de la préparation
des sacs pendant que j'étais en vacances. Je n'aurai
donc eu que 3h en Alsace pour préparer mes dernières
affaires et filer vers l'Italie. Moi qui comptais dormir
dans la voiture tout le long, j'ai bien vite compris que
si je voulais encore un peu profiter de la vie, il me
fallait prendre le volant. J'ai donc conduit d'une heure
trente du matin jusqu'à 7h15, heure d'arrivée au port
de Livorno. C'est dans le bateau que j'ai enfin pu récupérer de tout mon manque de sommeil en dormant avec les autres, à même le sol sur la moquette du bar du bateau. Nos 3h de sommeil furent bien récupérateurs et nous a permis de ne pas nous rendre compte de la longueur de la traversée (4h). |
| Arrivé à Bastia, nous avons fait quelques courses histoire de prendre un bon déjeuner sur l'île de beauté en goûtant déjà les premières spécialités. Après ce déjeuner bien copieux, il nous fallait nous rendre à Callenzana, commune du départ du GR20. Les voitures sont confiées à un petit garage de la ville. Avant de partir, nous avons décidé de boire un dernier coup avant de souffrir sur les sentiers de la montagne. Il est 18h lorsque nous débutons enfin notre marche. Mais voilà 1/4 h que nous sommes partis que déjà nous remarquons que nous avons fait fausse route. Le chemin retrouvé, nous repartons pour le premier sommet, lieu de notre bivouac. |
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Les tentes sont plantées dans la nuit et nous devons dîner à la lueur de notre torche. La nuit sera très mouvementée à partir d'une heure en raison d'un vent très fort qui souffle en rafales sur les crêtes. Zippes aura même eu très peur car il avait soit disant entendu des animaux roder autour de la tente. Le lendemain matin, le réveil sonne à 5h et nous décollons vers 7h. |
| La marche du matin
commencera par un sentier aux couleurs GR20 : roche,
escalade, chèvres qui se promènent en des endroits
impossibles, bref ça y est, nous y sommes. Mes vacances me semblent déjà loin... |
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| A 9h on passe devant le premier refuge où le gardien nous demande si la nuit a été bonne en bivouac. Nous lui répondons dans le flou et continuons notre route. On rencontre une chef scout qui nous parle un peu du GR20, de l'ambiance, de la foule, bref un premier contact amical bien sympa. A la source nous remplissons nos gourdes pour la première fois avec une première bouteille d'Isostart, notre drogue ! La journée sera marquée par une montée abrupte et une descente très longue et très douloureuse pour les pieds. Nous dormons au refuge de Carozu. Ce refuge a la particularité de vendre quelques boissons dont profitent mes acolytes. La douche ressemble à une publicité pour un shampooing dans la forêt amazonienne. Un tuyau accroché à une branche, une palette comme bac à douche, un rocher comme rideau de douche, ça c'est le GR. Naturellement l'eau est glaciale. La nuit au refuge est caractéristique de la nuit en refuge de montagne : ronflements et odeurs font le charme de cette nuit. Au petit matin, nous sommes réveillés avec tous et nous partons tout de même les derniers en raison d'un problème technique de lentilles d'Eric. |
Le Refuge de Carozu |
| La journée est super
ensuite puisque nous nous arrêtons vers 12h à Asco dans
un refuge magnifique. Nous ne pouvons pas continuer la
journée car la météo est annoncée comme orageuse et
le planning serait chamboulé (3h de marche le
lendemain). Nous commençons par boire 3 pastis à 6f
avant de prendre un peu de ravitaillement pour le midi et
pour la suite. Le repas de midi sera marqué par deux
saucissons et un fromage local ainsi qu'un fruit.
L'après-midi sera une après midi " récupération
" où Ruhli et moi avons fait une sieste de 14h à
17h et pendant ce temps, Eric, Zippes et Christophe sont
allés se baigner dans le torrent à 15 min de marche du
refuge. Le soir, quelques apéros ont introduit le repas du soir pris au resto. Au menu : soupe corse, crudité, sauté de veau avec pâtes, fromage, fruit pour 95f. Christophe aura piqué une crise car pour 120f il a moins bien mangé que nous. Les premières nouvelles ont été données grâce à la cabine téléphonique à pièces de la station et deux cartes écrites depuis ce lieu pendant que les autres mataient un match de foot. Déjà nous pouvons tirer quelques conclusions sur le GR20 : - c'est pas facile, facile, - on a un rythme pas trop mauvais, - toutes les filles qui font le GR20 sont plutôt mignonnes (et c'est étonnant). |
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Le lendemain matin, on réussit à
se réveiller parmi les premiers et le petit déj'
commence à prendre des allures de Muesli (céréales) et
de gâteau de riz. La journée s'annonce rude. Il faut rejoindre le refuge de Tutolodimori à plus de 2000m d'altitude. La journée est dure, ponctuée par des paysages superbes. Ce qui marquera essentiellement la journée fut le cirque de la solitude. Il s'agit d'un cirque qu'il faut traverser. Les pentes sont de gros rochers abrupts perchés au-dessus du vide. Heureusement quelques aménagements nous facilitent la traversée. Un moment à vivre et vécu dans la bonne humeur. La suite sera moins drôle et un peu fatigante. L'arrivée au refuge est un moment magique. Ce petit bâtiment est accroché à la roche et offre une vue magnifique sur la montagne. On se sent tout petit dans ces grandes montagnes et l'air y semble très pur, très saine. La douche y est très froide mais à cette altitude et après tant d'efforts, elle s'apprécie comme un soulagement extrême. On rencontrera quelques allemandes de 4 à 13ans qui nous aurons bien amusés et elles auront même laissé un mot dans le cahier du GR20. |
| Le lendemain matin, après une nuit bien reposante, nous nous levons les premiers. Dehors, l'orage gronde et le ciel semble très couvert. Comme d'hab' nous ne sommes pas les premiers à décoller ! La journée est de nouveau longue. Nous entamons une descente qui nous démolira car pour la première fois, nous sommes en retard sur le programme du GR. Il nous faut nous ravitailler dans un restaurant d'une station de ski (Castel Di Vergio) ce qui nous fait perdre bien 1/2h. La suite sera longue puisque nous mangerons vers 14h au lac de Ninu. Un repas bien sympathique avant une nouvelle descente et l'arrivée sur le refuge suivant. Nous planterons la tente tard le soir et nous aurons juste le temps de faire notre lessive, le repas, et de nous coucher. Le lendemain matin (samedi) nous sommes de nouveau les premiers à nous lever. Comme d'hab' pas les premiers partis ! La journée est sympa agrémentée par une pause baignade au bord d'un torrent. L'eau doit être à 12° mais Eric et Zippes s'en donnent à cur joie en plongeant du haut des rochers. J'ai réussi à rentrer dans l'eau et à me baigner. La suite est sympa avec une belle montée pour atteindre le refuge de l'Onda vers 18h. |
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Bivouac de l'Onda (avec eau chaude !!!) |
| Le lendemain dimanche,
une étape symbolique nous attend. Notre arrivée sur
Vizzavona est prévue pour midi avec un arrêt déjeuner
dans un resto. Je ne suis pas trop chaud, car à midi
c'est pas mon truc. Dans la descente sur Vizzavona, je
suis devant avec Zippes. La descente est longue mais en
discutant, ça passe bien. Aucun problème jusqu'au
moment où j'ai une douleur aiguë au genou qui
m'empêche de le plier. Au premier ruisseau (la cascade
des anglais) je m'arrête pour mettre un peu d'eau autour
de mon genou. Ca soulage, mais la pause n'est pas
suffisamment longue pour me remettre en état. Je me
traîne la jambe raide jusqu'à la ville. J'ai déjà
quelques doutes quant à ma poursuite du GR. Je me
demande vraiment si ce sera possible de continuer.
Heureusement, on est dimanche et je peux appeler les
parents pour savoir ce qu'il faut faire. Maman et Papa
ont été rassurants et m'ont conseillé de mettre de la
crème, de me faire un massage et de me mettre du froid. Du coup, je me paye le resto. Un menu à 90f avec une assiette de charcuterie, une escalope de veau, des frites, des beignets de choux-fleurs, du fromage, de la glace, bref un vrai festin et j'ai rarement été si plein ! Le pastis a coulé à flot avec environ 30 verres servis. On aura été bien reçu dans le resto de la gare ainsi qu'en face avec une serveuse bien mignonne aux yeux de tous, avec un beau petit cul selon Christophe malgré qu'il n'ait pu en analyser les formes en raison d'un petit pull autour de la taille. Le pastis pour 7f était bien dosé comme nul par ailleurs. Avec tout cela, il était évident que nous ne pouvions pas continuer notre marche. On squate donc une aire de camping sans eau, ni douche. |
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| Lundi matin, on redémarre les
premiers. Heureusement on croise un boulanger qui nous
fourni en pain ultra frais. Finalement, on se dit qu'on
aurait quand même pu marcher l'après-midi car après 2h
de marche, il y avait une superbe aire pour bivouaquer.
La journée sera longue avec 11h de marche. On en chiera
pour notre compte. Pour ma part, mon genou tiendra
presque le coup. Il lui faudra un peu d'eau pour le
rafraîchir et qu'il se remette en état. Christophe
quant à lui commence à avoir de sérieux problèmes à
ses pieds. L'arrivée au refuge de Prati s'est faite avec
douleurs : une montée de 500m de dénivelée en plein
soleil sur un sentier caillouteux avec déjà 10h dans
les pattes. Au refuge on nous annoncera que la douche est chaude ce qui s'avérera être un gros mensonge une fois dessous. Les gardiens nous autorisent à cuisiner dans le refuge ce qui nous simplifiera la vie. Un gros dodo en perspective nous est récupérateur pour nous retaper pour la suite. |
Au petit matin sur le site du refuge de Prati |
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Le lendemain, c'est 9h de marche
qui nous attendent. La journée sera longue pour tous.
Christophe a toujours autant mal, moi, ça va à peu
près mais je fais gaffe. Les paysages sont magnifiques.
De temps en temps, on voit la mer. On traverse des
prairies d'un vert éclatant avec des fleurs aux couleurs
vives. Zippes commentera d'ailleurs un des endroits de la
façon suivante : " Si j'étais un Schtroumpf, je
schtroupferai ici ". La fin de la journée sera pénible. On arrive à une aire de bivouac. Il faut encore chercher l'eau à la source à 5-10 min de la tente. Zippes et moi y allons pendant que les autres préparent à manger et se lavent au ruisseau. |
| On mangera au clair de lune dans une ambiance très champêtre. Des pâtes comme d'habitude. Mais c'est pas grave, on a tellement faim que ça passe tout seul. On décide de se lever tôt pour que la journée soit moins rude. 5h on se lève pour la dernière journée complète. On passe encore vite à la source et notre marche commence véritablement à 6h45. On a constaté qu'il manquait un repas dans notre planning. Pour pouvoir manger de manière descente, il faut marcher 7h jusqu'au col de Bavela où l'on peut payer le resto par carte (il reste 140f dans la caisse). Mais 7h de marche après un petit déj' léger pour cause de pénurie, c'est dur, usant, éreintant. On y arrivera tout de même vers 14h30 malgré un gros bobo à la cheville pour Eric. On apprendra également dans la matinée que Marie est à Ajaccio et ne veut plus chercher les voitures. Nous sommes dégoûtés et c'est à ce moment là qu'Eric glisse sur une pierre et se tord la cheville. Il peut encore marcher mais son pied a enflé. Au resto, c'est le sac à glaçons qui s'impose. Pour 68f on se tape un méga repas bien retapant avec les traditionnels 2 pastis qui vont avec. |
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Le dernier refuge |
L'après-midi, c'est 2h de marche
tranquilles qui nous attendent pour arriver au refuge.
Une bonne douche froide et c'est nickel. Le repas est
plus que copieux puisque nous avons de la purée pour 13,
de la soupe pour 7. On se couche relativement tard au bivouac du refuge de ... malgré ma proposition de descendre jusqu'à Conca dans la nuit. La nuit se passera donc sous tente et je peux dire qu'elle ne fut pas si bonne malgré notre levé tardif : 6h10. Le temps de descendre à la source, de faire la vaisselle et d'amorcer le p'tit déj' explique le fait qu'on soit parti à 9h. La matinée se passer facilement malgré un soleil de plomb. Eric à mal à la cheville, Christophe a des plaies énormes, Ruhles a des ampoules, moi mon genou ça va à peu près ; il n'y a que Zippes qui n'a rien de grave à part peut-être les premiers signes de fatigue. |
| On se prend une heure pour se
baigner dans une rivière. Le bain nous remet d'aplomb
pour la suite et nous faisons les deux dernières heures
de descente sur Conca. Là je les attends en bas avant
d'arriver au village, mais je les entends qui arrivent
d'en haut. Zippes est beaucoup plus bas mais nous attend
pour l'arrivée sur Conca. Au premier bistrot se trouve
Marie, Jean Mat' et Phil' et on commande notre pastis
204. A 18h avec Eric, on tente de faire du stop pendant
que Ruhli et Zippes tentent de rejoindre Bonifacio.
Finalement le stop, ça ne marche pas fort et Marie nous
prête sa voiture pour remonter à Calenzana à 280 km de
là où nous sommes. On arrive à Calenzana vers 0h30. On
redécolle à trois voitures direction Bonifacio. On
arrive au camping vers 4h30. Ca pu tellement dans la
tente des Laurents qu'avec Eric on monte encore la tente.
On fait un bon gros dodo, tandis que Jean Mat et
Christophe dorment sur la plage. Le GR est enfin fini, les vacances peuvent commencer. |
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Un site commun à toute l'équipe du GR20 paraîtra bientôt. Revenez de temps en temps sur ces pages pour le découvrir. |
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Les 5 Alsaciens au crâne rasé tiennent à remercier tous les gardiens des refuges du GR20 pour leur accueil et leur hospitalité en particulier la gardienne du refuge d'Asco qui est un exemple en matière de gentillesse. |
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| Sont également à remercier tous les randonneurs qui nous ont soutenus et encouragés aussi parfois. A ceux qui nous ont donné leur nourriture excédentaire, leurs conseils, et fait partager la passion de la montagne. | |
| Enfin un grand coup de chapeau à toutes ceux qui se lancent dans le GR20 car c'est un défit énorme qu'il faut avoir le courage de relever. Attention toutefois, le GR20 reste très dangereux par endroits et il est INDISPENSABLE de partir avec du matériel adapté et de qualité. | |
| Si un jour vous partez faire ce sentier mythique, à votre retour n'hésitez pas à m'écrire vos impressions ! | |